Power BI affiche vos chiffres.
Encore faut-il les avoir.

Si votre organisation a déjà Power BI, la question se pose légitimement : pourquoi un outil de plus ? Réponse courte : ce ne sont pas les mêmes métiers. Un outil de business intelligence restitue des données que vous possédez. Une analyse de flux de matières commence là où les données manquent — et il faut alors les calculer, pas les afficher.

La ligne de partage

Dans un tableau de bord, chaque chiffre affiché existe quelque part dans une base. Dans une étude de flux, c'est l'inverse : on connaît une production nationale, deux coefficients de rendement et un tonnage d'import, et il manque les trois quarts du reste. Le travail consiste à déduire les valeurs manquantes en imposant que les comptes tombent juste — ce qui entre dans un nœud doit en sortir, un parent doit égaler la somme de ses enfants, un stock de fin d'année ouvre la suivante.

C'est un problème d'optimisation sous contraintes, pas une agrégation. Power BI ne propose pas de solveur : DAX sait faire une régression linéaire par moindres carrés ordinaires (LINEST), sans contraintes ni pondération par les incertitudes. Pour réconcilier, il faut calculer ailleurs et importer le résultat.

Ce que chacun fait

Faits Power BI vérifiés sur la documentation Microsoft, août 2026.

Power BIOpenSankey / MFASankey
Point de départ Des données que vous avez Des données incomplètes, redondantes, parfois contradictoires
Calcul des valeurs manquantes Aucun solveur ; LINEST fait des moindres carrés non contraints Réconciliation sous contraintes, incertitudes propagées
Bilan matière Notion absente — à reconstruire en DAX, sans garantie Équation de base : à chaque nœud, entrées = sorties
Sankey Pas de visuel natif : visuel personnalisé, paires source→destination à plat Le diagramme est le modèle : nœuds, flux, stocks, hiérarchies
Hiérarchies de nœuds Absentes du visuel Sankey ; les cycles se résolvent en dupliquant un nœud Replier, déplier, réconcilier sur deux niveaux à la fois
Lire un résultat publié Licence Pro à 14 $/utilisateur/mois, sauf capacité dédiée F64 ou supérieure Un lien public, sans compte ni licence pour le lecteur
Publication vraiment publique « Publish to web » expose le modèle sous-jacent, pas seulement l'affiché Seules les vues sélectionnées partent au rendu
Après l'abonnement 30 jours de grâce, ralenti au 31e, tout refusé au 91e Des fichiers statiques, consultables et archivables indéfiniment
Terrain de jeu Ventes, RH, finance, opérations — des milliers de connecteurs Flux de matières, d'énergie et d'argent d'un territoire ou d'une filière

Publier : deux malentendus qui coûtent cher

Le premier concerne la confidentialité. Le mécanisme de publication publique de Power BI, « Publish to web », rend un rapport consultable sans compte — c'est utile, et c'est le seul moyen natif d'atteindre le grand public. Mais Microsoft l'accompagne d'un avertissement sans ambiguïté : n'importe qui peut accéder aux données sous-jacentes du modèle, même si le rapport ne les affiche pas. Un rapport publié embarque le modèle, pas seulement la vue.

Le même piège existe côté audiences, la fonctionnalité qui montre des pages différentes à des groupes différents : la documentation précise que le contenu masqué reste accessible à qui possède un lien direct. Masquer n'est pas protéger.

Nous tenons la règle inverse, et elle nous paraît la seule tenable : restreindre, c'est ne pas livrer. Le filtrage se fait au moment du rendu — un site publié ne contient que les vues sélectionnées. Ce qui n'est pas destiné à un public n'est pas dans le fichier qu'il télécharge.

Le second malentendu concerne la durée. Une étude de flux est un livrable qu'on cite dans un rapport, qu'un partenaire rouvre trois ans plus tard, qu'une collectivité archive. Un rapport Power BI vit tant que vit l'abonnement : trente jours de grâce, puis un accès ralenti, puis refusé. Les exports figés perdent l'interactivité, et un visuel personnalisé non certifié — donc potentiellement le Sankey lui-même — n'est pas rendu à l'export PDF.

Nos diagrammes publiés sont des fichiers statiques. Pas de service à maintenir, pas de licence pour les lire, pas de compte à créer. Ils resteront lisibles quoi qu'il advienne de nous.

Et si on les utilisait ensemble ?

C'est le scénario le plus fréquent, et le plus sensé. Gardez Power BI pour ce qu'il fait mieux que quiconque : agréger vos systèmes d'information, suivre des indicateurs, servir des tableaux de bord à toute l'organisation.

Confiez-nous l'amont — la partie où les données manquent. Nous réconcilions le bilan matière, propageons les incertitudes, produisons un jeu de valeurs cohérent et traçable, dans lequel la donnée collectée reste visible à côté de la valeur calculée. Ce résultat est un jeu de données comme un autre : il alimente vos tableaux de bord aussi bien qu'il alimente nos diagrammes.

La question n'est donc pas « Power BI ou vous », mais « qui produit le chiffre ». Une fois qu'il existe et qu'il est juste, affichez-le où vous voulez.

Les autres comparatifs

Power BI n'est pas notre concurrent — c'est un voisin. Si vous cherchez à remplacer un outil d'analyse de flux ou de dessin de Sankey, les comparaisons utiles sont ailleurs : STAN, e!Sankey et SankeyMATIC.