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Déchets de l'agglomération grenobloise

Cette publication rassemble quatre diagrammes de Sankey qui cartographient, pour le territoire de Grenoble Alpes Métropole, le cheminement de deux familles de déchets depuis leur production jusqu'à leur exutoire final : les déchets de chantiers de la filière bâtiment d'une part, les biodéchets (matière organique fermentescible) d'autre part.

Les deux pages relèvent d'un même travail de recherche et d'une même méthode — quantifier les flux de matière d'un territoire pour outiller une politique publique de gestion des déchets — mais répondent à deux commandes distinctes de la collectivité : accompagner la transformation de la filière des déchets de chantiers pour la première, dimensionner l'équipement de valorisation de la matière organique pour la seconde.

Ce que montrent les diagrammes

Déchets du bâtiment

  • Déchets du bâtiment 1 — vue d'ensemble en trois blocs successifs, explicitement titrés sur le diagramme : production, collecte, puis traitement des déchets de chantiers. La production est ventilée par secteur (gros œuvre, second œuvre) et par type d'opération (construction, rénovation, démolition), puis par grande catégorie réglementaire : déchets inertes (DI), déchets non dangereux non inertes (DNDNI) et déchets dangereux (DD). La collecte distingue les modes de captage (collecte sur chantier, location de bennes, points d'apport volontaire, déchèteries, plateformes de tri et de regroupement, réemploi et réutilisation). Le traitement se répartit entre valorisation matière (recyclage, réaménagement de carrières, aménagement de terrains), valorisation énergétique (incinération, cimenteries) et stockage (ISDI, ISDND, ISDD).
  • Déchets du bâtiment 2 — même chaîne, mais dépliée au niveau des matériaux : fractions minérales, verre, mélanges de déchets inertes, bois, métaux, plastiques, plâtres, autres déchets non dangereux, déchets d'amiante, DEEE, déchets diffus spécifiques, bois traités. Ce diagramme fait aussi apparaître la part des déchets non collectés et signale, flux par flux, les données collectées et les données calculées (voir « Comment lire les diagrammes »).

Biodéchets

  • Biodéchets 1 — la chaîne de mobilisation des déchets alimentaires et des déchets verts, des producteurs (ménages, marchés, restauration collective et commerciale, distribution, petits commerces) jusqu'à l'unité de méthanisation de Murianette. Le diagramme rend visibles les pertes successives : prévention, gestion à domicile, gisement non accessible, gisement hors participation, erreurs de tri, ainsi que les tonnages orientés vers le compostage.
  • Biodéchets 2 — le même raisonnement élargi à l'ensemble des gisements fermentescibles du territoire : élevage, cultures, assainissement, industries agroalimentaires, déchets verts, déchets alimentaires des ménages et professionnels assimilés. Les exutoires y sont plus larges : épandage, abandon au champ, alimentation et litière animale, méthanisation à Aquapole, compostage, broyage.

Le cadre

Les diagrammes sont issus des travaux de Quentin Desvaux, conduits au sein de l'équipe STEEP (Centre Inria de l'Université Grenoble Alpes, Laboratoire Jean Kuntzmann) et du CREG (Centre de recherche en économie de Grenoble, Université Grenoble Alpes), en immersion à la direction chargée de la prévention, de la collecte et du traitement des déchets de Grenoble Alpes Métropole.

  • Les diagrammes sur les déchets du bâtiment relèvent de sa thèse de doctorat, Le métabolisme de la filière des déchets du bâtiment de Grenoble Alpes Métropole. Apports croisés de l'économie politique et de la recherche-action, soutenue le 19 décembre 2025 à l'Université Grenoble Alpes (école doctorale Sciences économiques), sous la direction de Catherine Figuière (CREG), avec un co-encadrement de Jean-Yves Courtonne (Inria, STEEP) et Guillaume Mandil. La thèse a été menée dans le cadre d'une convention CIFRE associant la collectivité et le milieu académique, à partir d'une commande publique de Grenoble Alpes Métropole.
  • Les diagrammes sur les biodéchets sont antérieurs : ils proviennent d'un stage de fin d'études réalisé en 2019 sous la tutelle d'Inria et de l'Université Grenoble Alpes, pour le compte de Grenoble Alpes Métropole (Conception d'un outil d'estimation et caractérisation des flux de biodéchets pour le territoire de Grenoble Alpes Métropole).

Périmètre

Le territoire étudié est Grenoble Alpes Métropole, intercommunalité de 49 communes urbaines et rurales (environ 450 000 habitants selon l'article de 2024 cité plus bas).

Le travail sur les déchets de chantiers s'inscrit dans le CODEC (Contrat d'objectifs déchets et économie circulaire) engagé par la Métropole avec l'ADEME à partir de 2019, dont la filière des déchets de chantiers du bâtiment est l'une des filières cibles. Le travail sur les biodéchets s'inscrit dans le projet de transformation de l'usine de compostage de la Métropole en usine de méthanisation, et dans les objectifs du Schéma directeur déchets de la collectivité.

Sources et méthode

La démarche est une analyse de flux de matière : on établit d'abord la structure de la filière (nœuds et flux), puis on rassemble les données disponibles, enfin on réconcilie l'ensemble pour obtenir un bilan cohérent.

  • Collecte : enquêtes de terrain et entretiens auprès des producteurs de déchets, des institutions, des prestataires de collecte et des collectivités ; données structurelles, ratios de production, quantités collectées, objectifs inscrits dans les documents de planification ; recherche bibliographique. Pour les biodéchets, la matrice de mobilisation de l'ADEME a été adaptée aux caractéristiques du territoire, en complément d'une étude réalisée par le bureau d'études INDDIGO.
  • Réconciliation des flux : les données collectées sont hétérogènes et lacunaires. Chaque donnée d'entrée est saisie avec une incertitude (écart-type exprimé en pourcentage) et, le cas échéant, des bornes minimale et maximale. Un solveur ajuste ensuite l'ensemble des flux pour respecter la conservation de la masse à chaque nœud, en restant au plus près des mesures. Les classeurs Excel qui accompagnent l'étude existent donc en deux versions : le classeur source (données saisies) et le classeur réconcilié (_reconciled), qui porte en plus, pour chaque flux, la valeur de sortie du modèle, le type de variable (mesurée, redondante, déterminée ou libre) et l'écart entre entrée et sortie exprimé en nombre d'écarts-type.

Comment lire les diagrammes

  • La largeur d'un flux est proportionnelle à la quantité de matière. Les valeurs sont des tonnages annuels ; l'unité n'est pas rappelée sur les diagrammes eux-mêmes.
  • Le diagramme Déchets du bâtiment 2 distingue par un code de couleur les flux issus d'une donnée collectée et ceux issus d'une donnée calculée par la réconciliation. Cette distinction est essentielle : une partie des flux affichés est reconstituée, non mesurée.
  • Sur les biodéchets, la lecture suit une cascade de gisements, du plus large au plus opérationnel : gisement brut de production (GBP), gisement brut disponible (GBD) une fois retirées la prévention, la gestion sur place et les autres valorisations, gisement net disponible (GND) après prise en compte de l'accessibilité, de la participation et de la qualité du tri, et enfin gisement mobilisable (GM) par l'installation de traitement.
  • Ces diagrammes ont été conçus comme des supports de discussion avec les acteurs de la filière : ils servent à confronter des hypothèses, à anticiper l'effet d'une action de prévention ou de tri sur l'ensemble des autres flux, et à dimensionner des équipements. Ils décrivent un état du système à un moment donné et ne constituent pas un bilan réglementaire.

Crédits et partenaires

  • Travaux : Quentin Desvaux, équipe STEEP (Centre Inria de l'Université Grenoble Alpes, Laboratoire Jean Kuntzmann) et CREG (Université Grenoble Alpes).
  • Commanditaire et terrain : Grenoble Alpes Métropole.
  • Le volet déchets de chantiers s'inscrit dans le CODEC contracté par Grenoble Alpes Métropole avec l'ADEME.
  • Mise en forme et hébergement des diagrammes : TerriFlux, avec OpenSankey.

Pour aller plus loin

  • Thèse : Desvaux Q., 2025, Le métabolisme de la filière des déchets du bâtiment de Grenoble Alpes Métropolehttps://hal.science/tel-05527098
  • Article : Desvaux Q., Courtonne J.-Y., Figuière C., Mandil G., 2024, « La transformation de la filière bâtiment de Grenoble Alpes Métropole. Analyse comparative de dispositifs de transition guidée par la recherche-action », Géographie, Économie, Société, 26, p. 425-452.
  • Rapport de stage biodéchets, 2019 — https://inria.hal.science/hal-02341792

À préciser

Les points suivants ne sont pas établis par les documents disponibles et mériteraient d'être confirmés avant d'être ajoutés.

  • Année de référence des données, pour les déchets du bâtiment comme pour les biodéchets : aucun millésime n'est indiqué dans les classeurs ni dans les diagrammes.
  • Unité des diagrammes « Déchets du bâtiment » : elle n'est écrite nulle part dans les fichiers source. Le tonnage annuel est établi pour les biodéchets, mais reste à confirmer pour le bâtiment.
  • Logos ADEME, BASIC et Bioeconomy For Change présents dans le dossier publié : seul le lien avec l'ADEME est documenté, via le CODEC de Grenoble Alpes Métropole. Aucun document consulté n'établit de rôle du BASIC ni de Bioeconomy For Change dans ce travail ; ces deux logos apparaissent par ailleurs dans d'autres études de la bibliothèque et pourraient avoir été repris par inadvertance.
  • Périodicité et mise à jour : les diagrammes reflètent un état daté du système ; on ignore s'ils ont vocation à être actualisés.
📊 Diagramme de flux
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