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TerriFlux un an plus tard : quel chemin !

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TerriFlux un an plus tard : quel chemin !

Il y a un an apparaissait TerriFlux. Lieu de naissance : LinkedIn. À la place du premier cri, son logo et sa charte graphique.

Dès juillet 2021, suit notre première sortie publique au forum5i de Grenoble. Si TerriFlux y est… TerriFlux n’est pas d’un point de vue légal. Moi-même, Julien Alapetite, président de la société aujourd’hui, je suis à l’époque salarié dans le programme d’incubation de l’INRIA Startup Studio.

Quel chemin parcouru depuis ?

De la paperasse tu naîtras

Si on a des résultats très tangibles (pour les impatients, je recommande de sauter à la fin ;-)), je préfère commencer par ces choses, à première vue peu intéressantes… car Dieu sait au combien chronophages ! Et finalement capitales, à leur manière.

Premier jalon : se doter d’une existence légale (j’en ai déjà parlé en janvier). Mis bout à bout, cela a pris 4 mois. En résulte le SIRET – 904 872 967 00016 – que j’utilise aujourd’hui plus que mon numéro de sécurité sociale, tellement il est nécessaire pour toute interaction avec le monde extérieur.

Le second jalon est une première. Ou en occurrence un premier… salarié. Et ce fut moi, le matricule 00001. Par la même occasion, je découvre le monde des affaires sociales, l’URSSAF, la mutuelle, les déclarations unilatérales, la médecine de travail, etc. Fou tout ce qui doit être mis en place pour arriver à produire cette A4 qu’est la feuille de paye ! Et je ne vous raconte pas mon émotion lorsque j’ai fait mon premier virement de salaire. De moi à moi ! (Ok je ne devrais pas dire « moi » en parlant de TerriFlux, qui est un objet social distinct, mais bon émotionnellement ça fait quand même cette impression). Accessoirement je fais des pas de géant sur le net, le brut… et le fameux brut chargé, subtilité jamais bien assimilée tant qu’on est salarié !

Fin des apprentissage ? Non ! En avril j’ai ma première interaction avec les impôts, mes premières régularisations TVA. Et bim, nouvelle réalisation : je comprends ce que c’est que d’être collecteur de TVA ! Dans la vie de tous les jours on paye la TVA. Hors taxe (HT), toute taxe (TTC), on s’en moque, tout est TTC. Mais une entreprise, même si elle ne paye pas la TVA, débourse quand même celle-ci en attendant que les impôts la lui remboursent. Elle la perçoit aussi quand elle facture, et là elle doit la rendre aux impôts. Par conséquent, le solde peut être positif ou négatif suivant les encaissements et les décaissements et il faut parvenir à anticiper et à gérer cette « surprise » là.

Parmi les autres acquis, avec un logiciel – merci à mes comptables ! – je créé désormais des devis avec option, des factures d’acompte, des factures proformat (savez-vous ce que c’est ?) et celles de soldes. Quand je revois mon premier devis, réalisé en word et dans le flou quant au HT, TTC… quel chemin, rien qu’en compta !

Autre « truc » ! J’ai du me remettre aux langues… pour parler celle des financiers. Au début je ne savais pas qu’ils venaient d’un autre pays, et que de leur parler en français était une grosse erreur ! D’autant que je parle le français de l’ingénieur, qui se trouve tel le petit Prince quand il parle de sa fleur sur la planète de l’homme d’affaire, qui lui compte les étoiles. J’ai donc appris quelques mots – compte de résultat, trésorerie, immobilisation, bilan, BFR –, puis je les ai articulé suivant une grammaire particulière, appelée le prévisionnel. Au bout du chemin, une belle surprise : on réalise qu’une fois qu’on sait parler leur langue, et qu’on compte comme eux les étoiles, les financiers sont des gens très sympathiques !

Bon et à part ça quoi d’autre ?

Par la com tu te feras connaître (et tu te connaitras, toi-même)

La communication aussi m’a (et nous a) beaucoup occupé.

Doucement, mais surement, nous installons une activité sur Linkedin et tissons notre réseau.

Nous avons complétement modernisé notre site web. Je vous laisse comparer le vieux site – https://old.terriflux.fr/ – réalisé par moi, en pur style rustre-de-chercheur-ingénieur, et le nouveau : terriflux.fr. Plus pro, plus percutant, il n’est pas pour autant moins riche !

Notre première vidéo vit désormais sur YouTube. Et ce fut un sacré boulot. Le truc avec ces « gens de la com », graphistes et vidéastes, c’est que ces artistes nous surprennent en permanence. On ne finit jamais avec ce qu’on avait prévu, mais c’est mieux que ce qu’on avait prévu. Mais comme c’est à moi quand même de décider, ces aller-retours pour valider la créativité des artistes, ça aussi ça m’a pris « un peu » de temps ! Est-ce que je maitrise cette langue-là désormais ? J’en suis moins sûr, mais je ne lâche pas encore l’affaire 😉

Alors, si j’ai commencé par parler de tout ça (et pourtant je sais que ce n’est pas très intéressant) c’est pour insister : créer et gérer son entreprise, c’est quand même bien tout ça. Et quand on parle de frais de structures, charges connexes… elles sont bel et bien là ! Les 20-25 % qu’on attribue généralement à ces dépenses, correspondent à ce travail – cette paperasse et autres démarchés non profitables, selon mon vocabulaire d’ingénieur rustre – que j’ai fourni pour pouvoir faire ce qui suit, et qui lui est beaucoup plus intéressant pour moi, pour TerriFlux, mais surtout pour les clients à qui nos services peuvent servir.

Le service tu rendras, du business tu génèreras

Cher lecteur, si tu as cru être au bout de tes peines, car un an c’est peu pour générer des résultats tangibles… tu n’es pas au bout de tes peines (et ta lecture pas encore finie) !

Car là encore, malgré le temps court, j’ai un tas d’histoires à vous raconter.

1/ Commençons par notre étude sur la filière bois en Pays de Savoie avec le Pôle excellence bois, qui fut notre premier client dès janvier 2021, alors que TerriFlux n’était qu’un embryon en incubation chez INRIA. Notre première étude, publié en mars 2021, est suivie d’une mise à jour en 2022. Voici ce qu’ils en disent :

« Le Pôle Excellence Bois, avec l’aide de nombreux organismes et en partenariat avec le CSMB, l’ASDER et l’INRIA, a travaillé sur la réalisation d’un diagramme permettant de représenter les flux de bois en pays de Savoie, de la forêt aux différents débouchés. Ce diagramme est le fruit de la compilation de nombreuses données provenant de documents sources et d’entretiens. Ces données ont été entrées dans un système qui a permis de déduire certains flux non connus et d’en ajuster d’autres. Le premier objectif de cet outil est de donner une idée la plus réaliste possible sur la production et la consommation des produits à base de bois en pays de Savoie, le second est d’établir un échange régulier entre tous les acteurs de la filière bois en Pays de Savoie pour faire évoluer cet outil et les données qu’il présente. »

2/ Notre second contrat (alors qu’on est toujours en incubation) est l’étude sur la filière paille construction en Bourgogne France Comté (BFC). La description du projet dit :

Avant de soutenir la mise en place d’une structure de développement de la paille-construction, l’ADEME souhaite pouvoir disposer d’une vision la plus complète possible des enjeux et conditions de ce développement. Pour cela l’ADEME souhaite pouvoir disposer de données au travers d’une étude portant sur :

PARTIE 1 : Etat des lieux de la « ressource paille » en BFC (délimitation de la filière, première caractérisation, consolidation des données et des flux…) :

PARTIE 2 : Définition d’un projet de structuration de la filière « Construction paille en BFC »

PARTIE 3 : Préfiguration pour la mise en place d’une structure de développement et d’accompagnement (aide à la décision, opportunités de mise en œuvre, implication des acteurs concernés…) :

Le Travail doit aboutir à une représentation des flux de matières en circulation sur le territoire de la région Bourgogne-Franche-Comté. Elle devra reposer sur une méthode de réconciliation de données entre l’amont et l’aval des filières

Vous comprenez pourquoi TerriFlux était impliqué et coordonnait la phase 1. Nous avons présenté ce travail en juillet 2021. Nous continuons ce projet en appui sur les phases 2 et 3 avec le Cluster Robin’s, réseau des ouvrages biosourcés innovants.

Ce travail a été la base d’un atelier sur la biomasse que nous avons animée à la biennale de l’ADEME fin mars 2022.

3/ Notre troisième mission se déroule dans le « no man’s land » (administratif). De septembre à octobre 2021, je ne suis plus salarié de l’INRIA et TerriFlux n’est pas encore créé. Le salut vient de mon autoentreprise, en dormance. Le client est Auvergne-Rhône-Alpes Énergie Environnement (AURA-EE) notre partenaire ami qui développe la plateforme TerriStory à destination des pouvoirs publics désireux d’avoir des données cartographiées relatives à l’énergie et à l’environnement (utilisables dans le cas de l’élaboration d’un PCAET – Plan climat air-énergie territorial – par exemple). Pour compléter cette plateforme, AURAEE envisage d’intégrer les diagrammes de Sankey de TerriFlux pour ses représentations des flux d’énergie sur les territoires. La prestation consiste à produire un prototype pour tester l’intégration, travail qui continue à ce jour.

4/ Nous sommes impliqués dans le projet de recherche ADEME Scalable avec l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE), INRIA, Parc naturel régional de  la Chartreuse, PAIT de la région grenobloise et AURAEE. Son intitulé : « Un projet sur les vulnérabilités des territoires au regard du métabolisme de leurs filières agricoles ».Il durera de 2021 à 2024. Son résumé vous en dit plus :

Scalable s’intéresse aux productions agricoles, aux différentes étapes de la chaîne de transformation (filière) depuis la production jusqu’à la consommation, à différentes échelles territoriales (nationale, régionale, locale). Il vise à améliorer la connaissance sur les vulnérabilités matérielles et organisationnelles des territoires par rapport à ces filières : dans quelle mesure satisfait-on les besoins de la population de façon soutenable, et sans transfert de vulnérabilités vers d’autres territoires ?

Ce travail se fera en croisant des approches analytiques (utilisation de modèles descriptifs) et délibératives (évaluation par les acteurs des territoires). Il pourra in fine contribuer à éclairer le débat sur les échelles pertinentes de relocalisation des différents maillons des filières.

5/ Suit un autre projet de recherche très important, le projet « référentiel flux » financé par l’ADEME et FranceAgriMer que nous réalisons en partenariat avec les instituts techniques du RMT FILARMONI (Idele, Itavi, IFIP, Arvalis, TerresInovia, Ctifl, Ifce) et un second bureau d’étude (Le Basic).

L’objectif est de partir des modélisations existantes (v0), de les tester auprès des instituts [techniques] et d’itérer (améliorer les modèles) pour aboutir à un référentiel partagé des flux de matières des filières agricoles françaises. Un objectif secondaire est de former les ITA à la méthode des bilans matière dans l’optique de mises à jour futures. Un travail très important a d’ores-et-déjà été réalisé en amont (il y a déjà une bonne base de discussion) ce qui permet de focaliser le travail sur les points restant à corriger ou améliorer.

6/ Avec nos partenaires de l’Institut du porc (IFIP), nous avons été retenu surl’appel d’offres de FranceAgriMer « Réalisation d’une étude relative à la cartographie des flux des produits du porc » que nous réaliserons entre 2022 et 2023.

Le prestataire devra, à partir de ces éléments et d’autres qu’il lui appartient de définir, développer une méthodologie élargie permettant de réaliser l’analyse complète des flux du porc et de ses produits avec une analyse détaillée des flux destinés à la consommation humaine…

Grâce aux éléments recueillis, le prestataire établira une cartographie aussi complète que possible des flux de produits du porc, en croisant et combinant l’ensemble des sources d’information et en détaillant les flux jusqu’à l’étape de la distribution vers la consommation humaine.

7/ Enfin notre dernier contrat en cours concerne les Filières végétales de la bioéconomie en Hauts-de-France que nous réalisons pour l’association Agro-Transfert et laChambre régionale d’agriculture Hauts-de-France. Le résumé de l’étude :

Le projet d’Observatoire Régional des biomasses et de la bioEconomie (ORBE) Hauts-de-France vise à créer un outil de suivi des gisements de biomasses et des flux associés ainsi que des projets de bioéconomie les utilisant en vue d’améliorer l’évaluation des ressources disponibles. Cet observatoire permettra d’alimenter le portail bioéconomie de la région Hauts de France et d’apporter les réponses nécessaires à l’accompagnement des porteurs de projets et acteurs du développement économique territorial qui souhaitent avoir accès à de la biomasse en région. En partant des biomasses agricoles, il propose de normaliser les méthodes de spatialisation des gisements et des projets, et de caractérisation des flux de biomasse. Une attention particulière sera apportée à la communication autour des projets et des cartographies de biomasse associés afin de susciter l’intérêt des acteurs sur le territoire.

Le récit se termine pour notre activité courante. S’il vous a paru long, il n’est pourtant pas exhaustif… mais laissons quelques surprises pour la rentrée.